
Le Cheval de Trait boulonnais
L’arche de marbre blanc qui marie puissance et élégance
Surnommé le « marbre blanc » en raison de ses robes grises lumineuses, le Boulonnais combine la force d’un cheval de trait et l’allure d’un carrossier aristocratique. Sa silhouette longue, son encolure haute et sa tête fine trahissent de lointaines infusions de sang oriental, tandis que sa poitrine profonde et ses membres solides rappellent son passé de tireur de lourds chariots de poisson. Calme, généreux, il se distingue par une endurance hors norme et une prestance qui séduit immédiatement les spectateurs lors des concours d’attelage.

Origines et Histoire du Cheval Boulonnais
Les racines du Boulonnais plongent dans l’Antiquité : les Romains importent des chevaux arabes et germaniques dans la région de Boulogne-sur-Mer. Au Moyen Âge, ces chevaux robustes tractent les lourdes nefs pleines de pierre d’Écaussine, puis, du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle, les « marins d’acier » – convois de hareng venant des ports de la Manche à Paris – gagnent sa renommée ; le Boulonnais trotte sans relâche 24 h/24, valant le titre de « pur-sang des chevaux de trait ». À la Belle Époque, la population dépasse 600 000 têtes. Les guerres et la motorisation brisent cet essor ; en 1989 on ne compte plus que 200 poulinières. La Route du Poisson (course-relais de 300 km Calais-Paris) naît en 1991 pour alerter l’opinion ; aujourd’hui, environ 1 000 juments sont suivies, mais la race reste classée très menacée par l’IFCE.

Caractéristiques du Cheval Comtois
Le Boulonnais affiche une stature moyenne pour un trait (1,55 – 1,75 m, 600 – 900 kg) mais une musculature dense et sèche ; son épaule est longue et inclinée, offrant un trot soutenu idéal pour l’attelage rapide. Les côtes bien cintrées ménagent une large capacité pulmonaire. Sa robe est traditionnellement gris argenté (90 %), bien que des alezans, baies ou noirs existent. Les crins soyeux et abondants complètent son élégance. Malgré son apparence aristocratique, il conserve une rusticité remarquable : sabots solides, métabolisme frugal et résistance aux embruns du littoral. Un tempérament doux facilite la conduite en paire ou en arbalète lors des démonstrations de grande maniabilité.

Usages Historiques et Modernes
-
XVIIᵉ-XIXᵉ s. : traction des « voitures de poisson » Boulogne-Paris, halage de péniches sur l’Aa et la Deûle, cultures légumières de la plaine maritime.
-
Première moitié XXᵉ s. : labour des champs de blé-betterave du Pas-de-Calais, service militaire d’artillerie.
-
Depuis 2000 : retour dans l’agriculture biologique (traction maraîchère, travail du lin et de la chicorée), débardage de peupleraies et surtout attelage patrimonial – mariages, fêtes maritimes, Route du Poisson. Il contribue aussi à l’amélioration d’autres races (Selle Français, Italien de trait lourd).
Activités principales
-
Attelage événementiel : shows à 6 ou 8 chevaux lors de la Route du Poisson, du Salon de l’Agriculture et des Fêtes du Hareng de Boulogne.
-
Traction agro-écologique : hersage et binage des cultures légumières (endives, choux-fleurs) sur le littoral.
-
Cheval territorial : ramassage scolaire hippomobile à Marconne, collecte de déchets verts à Berck-sur-Mer.
-
Valorisation touristique : circuits en calèche dans le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale.
Pourquoi choisir le Boulonnais ?
-
Puissance + endurance : il trotte 180 km en relais (Route du Poisson) sans perdre en fraîcheur – parfait pour les longues prestations de calèche.
-
Esthétique unique : robe gris clair, silhouette élancée – ajoute une image « haut de gamme » aux événements.
-
Adaptabilité côtière : sabots résistants au sable et au sol salin.
-
Patrimoine régional : participer à la sauvegarde d’une icône du Nord-Pas-de-Calais, soutenue par des aides régionales (primes juments et pouliches).
-
Croisements de qualité : ses apports génétiques améliorent l’os et le mental des races de sport (Selle Français).
Et pour en savoir plus sur le Trait Boulonnais, découvrez cette vidéo de présentation